Construire une chaîne d’approvisionnement durable : de la vision aux exigences concrètes pour être prêts en 2050

Par Massimiliano Manca
L’année 2050 est presque à nos portes, dirait-on. Les changements climatiques et la dégradation de l’environnement constituent une menace énorme pour l’Europe et pour le monde. Afin de surmonter ces défis, le Pacte vert européen transformera l’UE en une économie moderne, efficace dans l’utilisation des ressources et compétitive, en garantissant qu’en 2050, aucune émission nette de gaz à effet de serre ne soit générée, en partant du principe que la croissance économique mondiale peut être dissociée de l’utilisation des ressources.
C’est ainsi que le Pacte vert européen a été établi : un ensemble d’initiatives politiques proposées par la Commission européenne avec pour objectif principal d’atteindre la neutralité climatique en Europe d’ici 2050.
Aujourd’hui, chaque chaîne logistique, avec ses processus d’approvisionnement et de distribution, est scrutée à l’échelle mondiale lorsqu’il s’agit de décarbonisation et d’atteinte des objectifs du Green Deal. Le flux continu de marchandises et de matériaux est inévitablement, voire inexorablement, associé à une utilisation intensive de combustibles traditionnels et, de manière générale, à une consommation d’énergie qui, à terme, ne sera plus soutenable ni alignée avec les objectifs du Pacte vert.
Il est donc impératif que les entreprises et institutions opérant dans les secteurs de la logistique, des transports et plus largement dans le Supply Chain Management identifient des solutions pour moderniser les processus ainsi que des outils d’efficience énergétique, d’automatisation et de digitalisation. Ces solutions permettront de rendre la chaîne logistique durable tout en maintenant des niveaux élevés d’efficacité.
Le problème fondamental reste toutefois le même : “Comment atteindre ces objectifs sans réduire le niveau de service et sans alourdir davantage la structure des coûts logistiques ?”
À la question de la durabilité environnementale s’ajoute toujours celle de la durabilité économique et pragmatique.
L’emballage écoresponsable, les véhicules à alimentation alternative et les entrepôts énergétiquement plus performants et automatisés sont au cœur des débats constants des entreprises appelées à atteindre une plus grande durabilité. Pourtant, le chemin à parcourir pour obtenir les premiers résultats reste encore trop incertain.
À ce jour, il n’existe pas de solution unique garantissant le succès. Il est néanmoins essentiel d’adopter une approche méthodologique claire pour éviter les hésitations : commencer par une évaluation des efforts nécessaires pour chaque entreprise, en fonction de son secteur et, surtout, de sa capacité à maintenir un équilibre entre les coûts et les bénéfices.
Savoir comment avancer signifie, en réalité, “identifier et surveiller les KPI verts pour redéfinir les processus et les infrastructures dans une optique de durabilité économique et environnementale”. Ce faisant, les entreprises se fixent de petits objectifs progressifs qui, année après année, leur permettent d’atteindre des étapes stratégiques.
À partir de ce moment, des axes d’étude et d’intervention se dessinent. Les pistes déjà explorées et testées mènent à :
- Étudier l’impact de l’automatisation dans les entrepôts pour réduire les gaspillages et s’adapter aux fluctuations de la demande.
- Analyser la flotte de véhicules industriels et commerciaux afin de mesurer son impact et d’identifier des axes d’amélioration.
- Adopter des systèmes d’alimentation alternatifs pour les véhicules industriels, y compris ceux utilisés pour le transport longue distance ; introduire ainsi de nouvelles technologies telles que l’électrification, l’hydrogène et les carburants à faible impact.
- Mettre en place des systèmes de recharge efficaces pour les machines et les équipements de manutention dans les entrepôts.
- Réduire les émissions de CO2 grâce à l’application de processus automatisés dans l’organisation des transports et à une gestion optimisée de la reverse logistics. L’adoption de systèmes de transport durables et le recours aux énergies renouvelables sont essentiels pour atteindre les objectifs européens de décarbonisation.
- Rationaliser les niveaux de stock tout au long de la chaîne logistique afin d’avoir des plateformes dimensionnellement adaptées, notamment pour les produits à température contrôlée.
- Exploiter les potentiels de l’IoT, de l’intelligence artificielle (IA) et de l’analyse des données pour réduire l’impact des coûts.
- Récupérer et réutiliser les matières premières en repensant les produits et les emballages afin de réduire leur impact environnemental.
Pour qu’il y ait une réelle conviction dans l’atteinte des objectifs de durabilité, l’intégration de pratiques logistiques écologiques ne doit pas seulement contribuer à réduire les émissions de CO2, mais elle doit aussi offrir des avantages économiques grâce à une efficacité opérationnelle accrue.
C’est seulement ainsi que la logistique pourra jouer un rôle crucial pour assurer que l’ensemble du système économique s’adapte aux principes du Green Deal, tout en ayant un impact positif sur l’environnement.




