ManagementSupply chain

L’évolution de l’optimisation des activités logistiques

Le concept d’efficacité dans la logistique, qui a commencé à évoluer dans les années 70, a marqué une transformation significative du secteur. Au début, l’accent était mis sur l’optimisation des fonctions élémentaires d’approvisionnement des chaînes de production, qui a ensuite évolué vers une logistique intégrée prenant en compte l’ensemble de la chaîne de valeur.

Dans les années 80, la logistique a commencé à se concentrer davantage sur le service à la clientèle, adoptant une stratégie pull où la demande du marché dirige l’organisation logistique. Cela a conduit à une transversalité accrue de la logistique dans les différentes fonctions de l’entreprise, optimisant des processus multifonctionnels.

Dans les années 90, une nouvelle évolution a eu lieu avec l’intégration fonctionnelle, où la logistique a commencé à intégrer les différentes fonctions de l’entreprise, les ordonnant en une séquence de processus qui non seulement réduisaient les coûts, mais créaient également de la valeur. L’essor du commerce électronique et les défis logistiques qui y sont associés ont accéléré l’innovation dans le secteur, nécessitant une rapidité et une personnalisation des livraisons, ainsi qu’un accent sur la durabilité et l’innovation.

La situation actuelle

La situation actuelle du marché logistique français est caractérisée par une pression croissante sur les coûts, notamment ceux liés au personnel. Cet aspect a un impact significatif sur les marges des entreprises, car il est très difficile d’absorber opérationnellement ce fardeau.

Le marché français est impacté par une pénurie de main d’œuvre opérationnelle qui est due au manque d’attractivité et aux conditions de travail dans les entrepôts ; mais aussi par une raréfaction des surfaces disponibles pour les activités logistiques (accentué par les objectifs ZAN – zéro artificialisation net)

La nécessité d’un renforcement technologique et performant est assez marquée, mais l’inaccessibilité économique des solutions les plus avancées crée un écart difficile à combler, qui se répercute inévitablement sur les coûts et sur le niveau de service.

Le marché montre néanmoins des signes positifs avec une croissance constante, mais il a dû faire face à des défis liés à l’augmentation des coûts d’exploitation, influencés par des facteurs tels que les fluctuations du prix de l’énergie. La pénurie de chauffeurs et la nécessité de moderniser les véhicules représentent d’autres défis pour le secteur.

L’impact de la technologie

Cependant, le développement technologique offre de nouvelles opportunités pour améliorer les performances et permettre de nouvelles marges bénéficiaires.

L’adoption de solutions telles que la Logistique 4.0, avec des projets de numérisation (aujourd’hui mis en œuvre par 72 % des opérateurs), des systèmes RFID, la blockchain, et l’automatisation des entrepôts, transforme le secteur.

L’intelligence artificielle, l’Internet des objets (IoT) et le cloud computing sont parmi les principaux moteurs de cette transformation, qui pourrait entraîner une croissance annuelle moyenne de 3,9 % du marché numérique italien.

Du fait que le secteur logistique soit confronté à des défis importants liés aux coûts du personnel et à la pénurie de surface, il a nécessité d’innover : le développement technologique représente un levier essentiel pour améliorer l’efficacité, réduire les coûts et augmenter les marges bénéficiaires, positionnant le secteur pour rivaliser efficacement à l’échelle internationale.

Compétences transversales entre numérisation et durabilité

Pour la mise en œuvre correcte d’une nouvelle culture numérique, et pour garantir aux entreprises la durabilité opérationnelle nécessaire, il est essentiel que les entreprises disposent de profils compétents.

La logistique moderne nécessite un éventail de compétences qui vont au-delà des capacités opérationnelles traditionnelles. Avec l’évolution technologique, il est prévu un besoin croissant de profils hautement qualifiés tant au niveau de la gestion qu’au niveau écologique et environnemental.

Ce changement de paradigme exige une main-d’œuvre qui possède non seulement une forte orientation opérationnelle, mais aussi une solide culture numérique. Pour répondre à ce besoin, il est crucial d’investir dans la formation et le développement de compétences transversales.

Il serait essentiel que les entreprises logistiques collaborent étroitement avec les institutions éducatives pour définir l’évolution des programmes d’études qui reflètent les compétences demandées par le marché (la création d’un institut technique avec une orientation spécifiquement logistique est en discussion, ce qui pourrait aider à former du personnel déjà préparé à la transversalité numérique requise).

La formation professionnelle « sur le terrain » reste toujours un levier extraordinairement efficace, accessible et évolutif pour mettre en œuvre des projets de modernisation dans le contrôle opérationnel.

La durabilité est un autre aspect crucial pour l’avenir de la logistique. Avec une emphase croissante sur les solutions à faibles émissions de carbone et les infrastructures vertes, le secteur a besoin de spécialistes dans la gestion des émissions et la conception de solutions écologiques.

En conclusion, pour maintenir la compétitivité et l’efficacité du marché logistique, il est urgent de combler le fossé des compétences par l’éducation, la formation continue et une collaboration étroite entre le monde universitaire et le monde professionnel. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de garantir que le secteur soit prêt à relever les défis du futur et à saisir les opportunités offertes par la numérisation et le développement durable.