Former : « Éduquer quelqu’un, lui inculquer les principes, les habitudes, les connaissances qui développent ses aptitudes, son goût, etc. »

À partir de cette définition, tirée du dictionnaire de la langue française Larousse, il est possible de commencer à réfléchir sur la formation en Logistique.

Aujourd’hui, le thème de la « formation », dans son ensemble, est très actuel et fait également l’objet d’une surexposition médiatique liée à la profonde crise économique qui caractérise l’Europe, et la France en particulier : grâce à la formation, à la recherche et à l’innovation, il semble possible de résoudre des problèmes de grande envergure. Nous ne croyons pas que cela soit tout à fait exact, mais nous ne voulons pas non plus priver l’activité formatrice du rôle important qu’elle joue dans tous les domaines, en particulier dans la Logistique. Cet aspect particulier découle de la complexité et de la forte intégration entre les nombreux processus logistiques internes et externes à l’entreprise, qui caractérisent cette discipline.

Avoir une compétence logistique signifie disposer de savoirs intersectoriels (organisationnels, techniques, technologiques, économiques), qui peuvent difficilement être réunis dans une seule personne physique. Il est plus crédible, vu l’étendue et la polyvalence de ces problématiques, qu’il faille s’appuyer sur plusieurs professionnels travaillant en équipe, se complétant et intégrant leurs connaissances : cela doit être considéré comme l’un des premiers enseignements de la formation Logistique.

Il faut ensuite se poser une question, qui découle de ce qui a été énoncé précédemment :
quelles compétences professionnelles et quels skills doit posséder le « formateur » ?

Au-delà de la connaissance disciplinaire indispensable, il est souhaitable que l’enseignant soit aussi un consultant / concepteur en Logistique.

Ce n’est qu’ainsi, à mon avis, qu’il peut garantir une adhésion constante aux problématiques d’une discipline en évolution rapide et continue, ainsi qu’une habitude au problem solving, tant sur le plan stratégique que tactique et opérationnel. Cet aspect est particulièrement important lorsqu’il faut interagir avec des stagiaires occupant des postes très diversifiés en termes de fonctions et de responsabilités.

Il est ensuite obligatoire de posséder une aptitude empathique, de la convivialité et la capacité d’orienter le dialogue.

Dans l’exercice de l’activité de formation Logistique, plusieurs missions sont accomplies. Par ordre non rigoureusement d’importance :

  • l’enseignant préparé offre aux stagiaires la possibilité d’actualiser leur formation théorique sur les thèmes abordés dans l’activité de formation, en illustrant des cas, des techniques et des contenus peu connus d’eux, remplissant ainsi, avant toute chose, l’important devoir d’informer.
    L’information, l’obsolescence des connaissances, est le premier vide à combler par un bon formateur

  • dans la conduite et l’illustration des sujets, l’un des aspects formatifs les plus importants consiste, à mon avis, à être force de proposition sur les aspects méthodologiques ; c’est assurément une mission plus « élevée » que la simple, quoique indispensable, transmission de connaissances. Dans une salle, aussi diversifiée et riche en idées soit-elle, considérant la ressource temps disponible (habituellement assez limitée), il est présomptueux de penser enseigner et transférer un know-how, mettant les stagiaires, en peu de temps, en mesure d’opérer en autonomie. Une approche plus conforme à la réalité d’une Salle de formation semble plutôt être de « semer le doute » et de mettre en évidence la complexité, afin que l’élève prenne conscience de l’organicité nécessaire pour analyser les thèmes de la Logistique

  • argumenter et discuter en salle a l’avantage de créer un groupe, de susciter des questions, de permettre le croisement des compétences et connaissances différenciées des présents et de permettre d’identifier une voie non individuelle mais d’équipe, pour aborder les sujets sur le terrain

  • lorsque le thème de la formation est l’analyse fonctionnelle/organisationnelle d’un nouvel établissement mis en service, alors d’autres mécanismes s’activent et deviennent visibles. Dans l’esprit du concepteur/formateur, la clarté sur le fonctionnement du système logistique est évidente : il en est l’artisan… ! Le stagiaire, dans l’échange avec l’enseignant, acquiert donc des connaissances précises qui le guident sur le « comment » faire pour obtenir les meilleures performances de l’établissement. Entre les deux, des contenus sont transmis qui se concrétisent sur des objets précis, techniques et organisationnels. Le dialogue devient souvent intense : d’un côté, il y a celui qui a pensé et traduit en projet, créant de nouveaux contenus qui doivent être transférés à l’autre pour qu’il puisse accomplir correctement ses tâches et, de l’autre côté, l’utilisateur du système logistique ; dans ce cas, la formation peut devenir bidirectionnelle. L’enseignant lui-même apprend de l’échange… Mais dans cette opération, se manifeste à nouveau l’importance de la méthode avec laquelle se déroule l’échange : c’est d’une bonne approche méthodologique que naissent les meilleures choses, et c’est là le sens le plus important de l’activité formative

  • il existe aussi une formation on the job ; c’est la formule la plus enrichissante pour le stagiaire qui doit se former, mais elle ne peut être mise en œuvre que lorsque l’activité de conception du formateur s’est concrétisée jusqu’à la réalisation et la mise en service de ce qui a été pensé. Dans cette pratique formatrice, les connaissances bidirectionnelles entre formateur et formé se synthétisent : il existe l’objet réalisé sur lequel mener des expérimentations directes de la part de celui qui l’a conçu et de celui qui devra le gérer. C’est la forme la plus avancée de formation logistique, qui se traduira, après un certain laps de temps, par le dépassement des rôles entre formateur et formé ; lorsque « façonner, modeler, mouler qqch. pour lui faire prendre la forme souhaitée » n’est plus nécessaire, alors le sujet formé peut avancer en totale autonomie et le formateur n’aura qu’un rôle marginal, plus orienté vers la mesure des résultats de son travail que vers une intervention directe sur celui-ci.