Gestion des transportsSupply chain

5 étapes pour améliorer vos relations avec les 3PL

La rapidité de réaction, la flexibilité et les coûts sont aujourd’hui les facteurs qui guident les choix d’outsourcing. Les entreprises se concentrent de plus en plus sur le maintien et le développement de leurs compétences cœur, en externalisant les activités que des partenaires peuvent réaliser mieux. En Italie, on parle d’externalisation logistique et on la pratique depuis plus de vingt ans.

L’offre de logistique à façon (3PL) en France est vaste et hétérogène. On dénombre 1 783 entreprises d’entreposage (NAF 521) et 6 251 entreprises de services auxiliaires des transports (NAF 522) en 2021, et 3 700 entrepôts de 10 000 m² ou plus au 31 décembre 2023. Le chiffre d’affaires du marché français des prestataires de logistique pour compte de tiers (3PL) est estimé à 29,6 milliards USD en 2025.

Pour démarrer

Une bonne méthode pour conduire un processus d’outsourcing logistique est la suivante :

  • découper les processus logistiques (et/ou industriels) afin que les frontières entre partenaire et client soient claires ;

  • définir contractuellement les procédures et les résultats de gestion attendus ;

  • appliquer une méthode éprouvée et fiable pour mener l’appel d’offres ;

  • former le personnel ;

  • résoudre l’intégration des systèmes d’information.

Dans la réalité, toutefois, traiter ces différents aspects est bien plus difficile et complexe que prévu en phase de conception. La preuve en est qu’il est très rare qu’un processus d’externalisation des services logistiques se termine plus tôt que prévu ou coûte moins que le budget initial.

Il s’agit parfois d’une légèreté dans l’approche des transformations qu’un tel projet implique. Pour bien faire, nous conseillons une approche en cinq étapes :

  1. Poser les bases

  2. Comprendre le business

  3. Aligner les intérêts

  4. Établir l’accord gagnant-gagnant

  5. Piloter la performance

ÉTAPE 1 : POSER LES BASES

La première chose qu’une entreprise devrait faire avant d’envisager d’externaliser la logistique (le magasin/entrepôt en particulier) est de comprendre en profondeur si l’outsourcing convient à ses opérations. Il y a des années déjà, le professeur Peter Drucker (avec la concision typiquement américaine) déclarait : « Faites ce que vous savez faire le mieux et externalisez le reste. » Le problème, c’est que trop d’entreprises ont sauté dans le train de l’outsourcing sans se demander si c’était la bonne chose pour elles. On ne doit recourir à l’externalisation que lorsqu’un prestataire est capable de faire un meilleur travail, plus rapidement et/ou à moindre coût.

ÉTAPE 2 : COMPRENDRE LE BUSINESS

Pour expliquer aux prestataires – et leur permettre ainsi d’exprimer tout leur potentiel – il est d’abord nécessaire que l’entreprise qui s’apprête à externaliser comprenne les caractéristiques fondamentales de son activité et, en particulier, les spécificités du processus qu’elle veut confier à l’extérieur (transport et/ou entrepôt).

S’agissant du positionnement stratégique, laissons à d’autres portails spécialisés le soin d’approfondir ; chez Logistica Efficiente, nous nous concentrerons sur l’audit logistique et distribution. L’objectif ultime de l’audit doit être de vérifier le modèle actuel de gestion des transports afin de comprendre s’il peut être amélioré :

  • en en évaluant l’efficacité (niveau de service délivré : délais de livraison et lead time global) et l’efficience (organisation, processus internes, ressources mobilisées, coûts supportés) ;

  • en développant un modèle alternatif de réseau de distribution et/ou de gestion transport & entrepôt capable de réduire les coûts ;

  • en vérifiant l’intérêt d’utiliser un logiciel dédié à la distribution physique (WMS, TMS, etc.).

ÉTAPE 3 : ALIGNER LES INTÉRÊTS

Cette étape implique la conception et la documentation de la manière dont l’entreprise et le prestataire devront travailler, communiquer, collaborer et innover ensemble.

Le cœur de ce processus est la documentation contractuelle, composée principalement de deux actes : le Contrat et le Cahier des charges logistique.

On peut comparer le Contrat à un parachute : quand il n’y a plus rien d’autre à faire, on saute de l’avion en perdition. Plus sérieusement, le contrat est un acte nécessaire dont la finalité ultime est de trancher des litiges devenus insolubles autrement. Il est opportun qu’il soit rédigé/validé par un avocat spécialisé.

Si le Contrat est le parachute de la relation avec le 3PL, le Cahier des charges logistique contient les règles du jeu et doit être utilisé en continu par les deux parties pour améliorer leur relation et les performances globales du système logistique-distribution.

Un bon Cahier des charges logistique devrait au minimum contenir les chapitres suivants :

  • Instructions pour la présentation de l’offre (pour encadrer l’appel d’offres transport et/ou entrepôt) ;

  • Conditions générales de fourniture (obligations de l’opérateur logistique, contrôles et vérifications, assurances, bonus et pénalités) ;

  • Spécifications techniques de la fourniture (description des activités, niveaux de performance minima, objectifs qualitatifs, KPI et reporting) ;

  • Tableaux techniques (données servant de base au tarif) ;

  • Structure tarifaire (décomposition du tarif de transport et des activités annexes) ;

  • Annexes (ex. : Modèle 231).

ÉTAPE 4 : ÉTABLIR L’ACCORD « WIN-WIN »

La réussite d’un contrat d’outsourcing tient au respect des SLA (Service Level Agreement) : c’est-à-dire du niveau de service minimum que le 3PL doit fournir pendant la durée de l’accord. Il est donc important d’établir un modèle de prix (avec des incitations) qui encourage le prestataire à « mettre sa peau en jeu » et à investir chez vous pour fournir un service toujours meilleur. La clause « bonus & pénalités », si elle est bien paramétrée, est parfaite pour cela ! Ainsi, l’outsourcer prend en charge la gestion de l’ensemble du processus logistique, assume la responsabilité des KPI de service et, en conséquence, dispose de marges de manœuvre organisationnelles pour optimiser les choix opérationnels clés concernant réseau, stockage, préparation (picking) et transports.

ÉTAPE 5 : PILOTER LA PERFORMANCE

C’est l’étape autour de laquelle tournent toutes les autres.

Une fois le bon prestataire choisi et tous les aspects tarifaires et de performance cadrés, ce qu’il faut faire pour maintenir la tension vers le service, c’est contrôler, contrôler et… contrôler. Il est donc nécessaire de :

  • construire un tableau de bord logistique partagé ;

  • calculer avec précision bonus/pénalités ;

  • réaliser des enquêtes sur le niveau de service rendu en impliquant directement les clients ;

  • conduire des audits fréquents pour vérifier la conformité des activités avec les procédures convenues.