L’optimisation de la préparation de commandes : indispensable pour la performance de l’entrepôt

La préparation de commandes est l’un des processus les plus déterminants pour la performance d’un entrepôt. Un picking mal organisé génère des déplacements inutiles, des temps d’attente, des erreurs et une augmentation du coût de traitement de chaque commande.
À l’inverse, une organisation bien conçue permet d’améliorer simultanément la productivité, la qualité, le niveau de service et les conditions de travail. Mais optimiser le picking ne consiste pas simplement à demander aux préparateurs d’aller plus vite ou à automatiser l’entrepôt. La performance dépend de la cohérence entre le stockage, le slotting, les parcours, les méthodes de préparation, le WMS et les équipements utilisés.
La question centrale est donc la suivante : comment réduire les déplacements, les temps de préparation et les erreurs sans dégrader la qualité ni augmenter inutilement les ressources ?
Pourquoi optimiser la préparation de commandes ?
Dans de nombreux entrepôts manuels ou semi-automatisés, une partie importante du temps de travail est consacrée non pas au prélèvement lui-même, mais aux déplacements, aux recherches, aux attentes ou à la gestion des anomalies.
Les principaux gains de performance se trouvent donc souvent dans la réduction de ces activités sans valeur ajoutée. Une mauvaise organisation peut provoquer des parcours trop longs, des congestions, des ruptures dans les emplacements de picking, des erreurs de référence ou des temps d’attente liés au réapprovisionnement.
L’objectif n’est pas d’augmenter immédiatement les cadences, mais de comprendre ce qui ralentit réellement le processus.
1. Analyser les flux avant de modifier l’organisation
Avant de revoir l’implantation ou d’investir dans une nouvelle technologie, il faut comprendre le profil réel des flux : volumes quotidiens, nombre de lignes par commande, fréquence de prélèvement des références, saisonnalité, contraintes physiques des produits et exigences de délai.
Cette analyse permet d’identifier les véritables causes de perte de productivité et d’éviter une erreur fréquente : choisir une solution avant d’avoir défini précisément le problème qu’elle doit résoudre.
2. Optimiser le slotting et réduire les déplacements
Dans un système Person-to-Goods, où le préparateur se déplace vers les produits, la localisation des références influence directement la productivité.
Les articles les plus fréquemment prélevés doivent généralement être placés dans les emplacements les plus accessibles, tout en tenant compte de leur poids, de leur volume, de leur compatibilité et des contraintes ergonomiques.
L’analyse ABC peut être utile, mais il est important de choisir le bon critère. Pour le picking, la fréquence de prélèvement ou le nombre de lignes de commande est souvent plus pertinent que la seule valeur économique du stock.
Une référence coûteuse prélevée rarement ne doit pas nécessairement occuper un emplacement prioritaire. À l’inverse, un article de faible valeur présent dans plusieurs centaines de commandes peut devoir être positionné au plus près de la zone de préparation.
3. Choisir la méthode de picking adaptée
Il n’existe pas de méthode de préparation optimale dans l’absolu. Le choix dépend du profil des commandes et de la structure des flux.
Picking individuel
Le préparateur traite une commande à la fois. Cette méthode est simple et adaptée aux volumes limités, aux commandes complexes ou aux activités pour lesquelles le regroupement des commandes apporte peu de gains. Son principal inconvénient est la multiplication potentielle des déplacements.
Batch picking
Plusieurs commandes sont préparées simultanément. Lorsqu’une référence apparaît dans plusieurs commandes, le préparateur peut prélever en une seule fois la quantité totale nécessaire. Cette approche réduit les déplacements, mais nécessite ensuite une phase de tri ou de répartition.
Picking par zones
L’entrepôt est divisé en plusieurs zones et chaque opérateur travaille sur un périmètre défini. La commande est ensuite consolidée. Cette méthode convient particulièrement aux entrepôts comportant de nombreuses références ou des familles de produits très différentes.
Picking par vagues
Les commandes sont regroupées selon l’heure de départ, la tournée de transport, la priorité ou d’autres critères opérationnels. Cette méthode permet une meilleure synchronisation avec les expéditions mais nécessite un pilotage plus structuré.
Dans les entrepôts complexes, plusieurs méthodes peuvent coexister. La vraie question n’est donc pas de choisir une seule technique, mais de définir la combinaison la mieux adaptée aux différents profils de commandes.
4. Person-to-Goods ou Goods-to-Person ?
Dans un système Person-to-Goods, le préparateur se déplace vers les emplacements. Le WMS peut optimiser les missions et les parcours, tandis que des solutions comme la radiofréquence, le voice picking ou le pick-to-light facilitent l’exécution.
Cette organisation reste très flexible et convient bien aux catalogues hétérogènes ou aux environnements dans lesquels les références sont difficiles à automatiser.
Dans un système Goods-to-Person, les produits sont au contraire amenés automatiquement vers le poste de préparation. Les déplacements sont fortement réduits et la productivité peut augmenter de manière significative.
Shuttles, miniloads, systèmes de stockage automatisés, stockage cubique ou robots mobiles font partie des technologies possibles. Ces solutions nécessitent toutefois un investissement plus important et doivent être évaluées en fonction des volumes, de la croissance attendue et du besoin de flexibilité.
5. Le rôle du WMS dans l’optimisation du picking
Le WMS joue un rôle central dans la préparation de commandes. Il permet notamment de prioriser les ordres, organiser les missions, optimiser les parcours, piloter les réapprovisionnements et contrôler les références et les quantités prélevées.
Il fournit également les données nécessaires pour mesurer la performance et identifier les écarts.
Mais un WMS ne compense pas automatiquement une mauvaise organisation physique. Digitaliser un parcours trop long ou un mauvais slotting ne supprime pas le problème. L’outil doit donc être intégré dans une réflexion globale sur le processus.
6. Quand automatiser la préparation de commandes ?
L’automatisation devient particulièrement intéressante lorsque les volumes sont importants, les opérations répétitives et les exigences de productivité élevées.
Elle peut permettre de réduire les déplacements, augmenter les cadences, densifier le stockage et limiter certaines manutentions pénibles. Mais le choix ne doit pas être fondé uniquement sur une productivité théorique.
Il faut aussi prendre en compte la variabilité des volumes, l’évolution du catalogue, la maintenabilité des équipements, l’intégration avec le WMS ou le WCS, les scénarios de fonctionnement dégradé et les compétences nécessaires pour exploiter le système.
Le meilleur niveau d’automatisation n’est donc pas nécessairement le plus élevé, mais celui qui correspond réellement aux besoins de l’entreprise.
7. Quels KPI suivre pour améliorer le picking ?
Une démarche d’amélioration doit être mesurable. La productivité peut être suivie en lignes, articles, colis ou commandes préparés par heure, selon la nature de l’activité.
Il est également important de suivre le taux d’erreur de préparation, le temps de cycle, la distance parcourue dans les environnements Person-to-Goods et le coût par commande ou par ligne.
Ces indicateurs doivent être analysés ensemble. Une hausse de la cadence accompagnée d’une augmentation des erreurs ou d’une dégradation des conditions de travail ne constitue pas nécessairement une amélioration.
8. Ne pas oublier l’ergonomie et les conditions de travail
L’optimisation du picking ne doit pas se limiter à la vitesse d’exécution. La hauteur des prélèvements, le poids des articles, les postures, la distance parcourue, la répétitivité des gestes et la charge cognitive influencent également la performance dans la durée.
Une solution de préparation doit donc être évaluée selon plusieurs dimensions : productivité, qualité, sécurité, ergonomie, flexibilité et facilité d’utilisation.
Associer les préparateurs à la conception et aux tests des nouvelles solutions permet souvent d’identifier des difficultés qui restent invisibles dans une analyse uniquement théorique.
Cette logique rejoint plus largement la nécessité d’impliquer les équipes dans l’amélioration de la performance supply chain. Nous développons ce sujet dans notre article consacré aux leviers d’engagement des équipes pour améliorer la performance supply chain.
Une méthode simple pour optimiser la préparation de commandes
Une démarche efficace peut suivre une logique progressive : mesurer la situation actuelle, analyser le profil des commandes, observer les opérations sur le terrain, revoir le slotting et les parcours, choisir la méthode de picking adaptée puis évaluer les outils ou technologies nécessaires.
Les résultats doivent ensuite être suivis dans le temps afin de vérifier les gains obtenus en productivité, qualité, service et ergonomie.
Cette approche évite de commencer directement par la technologie et place le besoin opérationnel au centre de la décision.
Optimiser le picking, c’est optimiser un système complet
La préparation de commandes est devenue plus complexe avec la multiplication des références, la fragmentation des commandes, les délais plus courts et le développement des flux omnicanaux.
Les technologies disponibles sont également plus nombreuses : WMS avancés, robots mobiles, Goods-to-Person, systèmes automatisés, analyse de données et intelligence artificielle.
Mais la performance ne dépend jamais d’un équipement pris isolément. Elle résulte de la cohérence entre le profil des commandes, le stockage, le slotting, les parcours, les méthodes de picking, les outils numériques et les compétences des équipes.
Dans certains entrepôts, une meilleure organisation du stock et une utilisation plus efficace du WMS suffisent à générer des gains significatifs. Dans d’autres, une architecture Goods-to-Person ou une automatisation plus poussée devient nécessaire pour accompagner la croissance.
L’objectif reste le même : préparer les commandes plus rapidement, avec moins d’erreurs, au meilleur coût et dans de bonnes conditions de travail.
Questions fréquentes sur l’optimisation de la préparation de commandes
Comment optimiser la préparation de commandes dans un entrepôt ?
L’optimisation commence par l’analyse du profil des commandes et des flux réels. Il faut ensuite travailler sur le slotting, réduire les déplacements, choisir la méthode de picking adaptée, organiser les réapprovisionnements, utiliser correctement le WMS et mesurer les résultats avec des KPI de productivité, qualité et temps de cycle. L’automatisation intervient lorsque les volumes et la structure des flux la justifient.
Quelle est la meilleure méthode de picking ?
Il n’existe pas de méthode universellement meilleure. Le picking individuel peut convenir aux commandes complexes ou aux volumes limités, le batch picking aux nombreuses petites commandes, le picking par zones aux catalogues importants et le picking par vagues aux activités nécessitant une forte synchronisation avec les départs. Les entrepôts complexes combinent souvent plusieurs méthodes.
Quels KPI suivre pour mesurer la performance du picking ?
Les principaux indicateurs sont la productivité en lignes ou commandes préparées par heure, le taux d’erreur, le temps de cycle, la distance parcourue et le coût par ligne ou par commande. Ces KPI doivent être analysés ensemble afin d’éviter d’améliorer la cadence au détriment de la qualité ou de la sécurité.
Quelle différence entre Person-to-Goods et Goods-to-Person ?
En Person-to-Goods, le préparateur se déplace vers les produits. En Goods-to-Person, un système automatisé amène les produits jusqu’au poste de préparation. Le Goods-to-Person permet de réduire fortement les déplacements, mais nécessite généralement un investissement et une intégration technologique plus importants.
Comment réduire les déplacements des préparateurs ?
Il faut notamment optimiser le slotting, rapprocher les références à forte fréquence de prélèvement, analyser les produits souvent commandés ensemble, optimiser les parcours avec le WMS et choisir une stratégie de batch ou de zone lorsque le profil des commandes le permet. Les solutions Goods-to-Person ou les robots mobiles peuvent réduire davantage les déplacements dans certains environnements.
Quel est le rôle du WMS dans la préparation de commandes ?
Le WMS peut prioriser et regrouper les commandes, attribuer les missions, optimiser les parcours, piloter les réapprovisionnements, contrôler les prélèvements et fournir les données nécessaires au suivi de la performance. Son efficacité dépend toutefois de la qualité des processus et des données sur lesquels il s’appuie.
Quand faut-il automatiser la préparation de commandes ?
L’automatisation devient particulièrement intéressante lorsque les volumes sont importants, que les opérations sont répétitives, que les besoins de productivité ou de densification sont élevés et que les flux présentent une stabilité suffisante. Le choix doit être fondé sur une analyse économique et opérationnelle prenant également en compte la flexibilité future, la maintenance et les scénarios de fonctionnement dégradé.
Comment organiser les références dans une zone de picking ?
Pour le picking, il est généralement pertinent de classer les références selon leur fréquence de prélèvement, leurs volumes, leur poids, leurs dimensions et leurs affinités avec d’autres produits. Les références les plus fréquemment prélevées sont souvent placées dans les zones les plus accessibles, tout en respectant les contraintes ergonomiques et de sécurité.




