Investissements et Industrie 4.0, des opportunités croissantes pour les ingénieurs

En 2024, les startups françaises à vocation industrielle ont réalisé 212 levées de fonds pour un montant total de 2,8 milliards d’euros, une part significative étant allouée à l’Industrie 4.0. Par ailleurs, le gouvernement français a annoncé en juin 2023 le lancement de la phase 2 de l’initiative Tibi, visant à mobiliser une enveloppe de 7 milliards d’euros d’ici fin 2026 pour soutenir l’investissement dans les entreprises technologiques, dont une partie est dédiée à la transformation numérique industrielle. Le système industriel français saisit pleinement l’opportunité de relever le défi de la digitalisation des processus, soutenu par des initiatives gouvernementales comme le Plan de relance. De plus, de nombreuses entreprises investissent dans des systèmes d’automatisation, de contrôle et de gestion sophistiqués, plaçant la France parmi les leaders en matière de robotisation dans les usines de production. Un aspect essentiel est la collaboration avec l’ingénierie : le système ordonné doit aider les ingénieurs indépendants à saisir les nombreuses opportunités offertes par cette transition.
C’est ce qui ressort de l’étude Ingénierie et numérisation des processus d’entreprise. Industrie 4.0 et les nouvelles frontières de l’Industrie 5.0 (Ingegneria e digitalizzazione dei processi d’impresa. Industria 4.0 e le nuove frontiere di Industria 5.0) du centre d’études CNI (Conseil National des Ingénieurs) : selon le rapport, 77 % des ingénieurs en informatique inscrits au tableau considèrent les compétences dans le domaine de l’Industrie 4.0 comme stratégiques ou dignes d’approfondissement, et 78 % des ingénieurs du secteur industriel partagent la même opinion.
Il semble que le moment soit venu de renforcer les connaissances (en constante et permanente évolution dans la numérisation des processus dans le secteur manufacturier) ; il est également nécessaire d’intensifier les opportunités de formation sur cette matière et sur les modèles organisationnels que les cabinets professionnels peuvent adopter pour mieux relever les défis du marché posés par l’Industrie 4.0. Et, comme le rapporte l’étude, “le CNI entend s’engager à promouvoir et à encourager au sein du système ordonné une plus grande diffusion de la Culture Industrie 4.0”.
Cela doit être accompagné d’un plan qui, au sein de notre système, peut guider les choix et les opportunités des professionnels. Comme l’illustre l’étude, à cet égard, le rôle du système ordonné est essentiel, “avec l’objectif de créer un terreau culturel permettant aux professionnels de saisir les opportunités du marché”. En effet, le modèle Industrie 4.0 commence à concerner également certains secteurs du tertiaire, en plus du secteur manufacturier.
Les nouvelles frontières de la transition numérique : vers le secteur des services
L’Industrie 4.0 est un sujet de conversation depuis un certain temps, principalement depuis le lancement du Plan Industrie 4.0 en 2016. Comme résumé dans le rapport, les principales technologies qui ont permis le passage à une production efficace et numérisée sont : l’Internet industriel des objets (IIoT) ; les systèmes d’automatisation avancée ; l’analyse industrielle (Industrial Analytics) ; l’interface homme-machine avancée (Advanced HMI) ; la fabrication en nuage (Cloud Manufacturing) ; la fabrication additive. À leur tour, ces technologies peuvent être classées en trois grands domaines d’application : Smart Factory ; Smart Lifecycle ; Smart Supply Chain.
Ces systèmes permettent clairement d’améliorer l’efficacité de la production, de réduire les coûts et les délais, de contribuer à l’amélioration continue des processus, de garantir une durabilité à la fois économique et environnementale, mais aussi en ce qui concerne le rôle des personnes dans ce scénario. En effet, comme le confirme le rapport, nous assistons déjà à un premier et substantiel changement de cap : aujourd’hui, on parle d’Industrie 5.0, un terme qui désigne un processus plus avancé d’automatisation des machines et de numérisation, mettant un accent particulier sur l’humain. Plus précisément, “l’Union européenne estime que les nouveaux processus de numérisation doivent garantir des développements supplémentaires selon des critères humanocentriques, de durabilité et de résilience”.
Cela mène à une innovation constante et à de multiples déclinaisons de la technologie. En effet, la numérisation atteint désormais également le secteur des services ; cependant, tandis que dans le cas de la fabrication, elle permet des formes toujours plus évoluées de conception, d’automatisation et de contrôle, dans le secteur des services elle permet la modernisation des activités tertiaires. Comme il ressort de l’étude, la demande de solutions d’automatisation dans des domaines tels que : les bâtiments et les infrastructures de grande taille ; l’intralogistique ; la logistique sortante ; la production et la distribution d’énergie ; les applications d’automatisation mobile, est en croissance.
Tout cela conduit à un changement substantiel du mode de fonctionnement des entreprises et des professionnels, en particulier les ingénieurs, qui se trouvent confrontés au défi de conduire la révolution en cours et qui, pour cela, doivent être en mesure de se mettre à jour en permanence.




