
Par Federica Biffi
En 2023, le marché de l’Internet of Things a atteint une valeur de 8,9 milliards d’euros, avec une augmentation de 9 % par rapport à 2022. Parmi les différents domaines, une large part est constituée par la Smart Car, qui affiche un chiffre d’affaires de plus de 1,5 milliard d’euros, correspondant à 18 % du total. En deuxième position, on trouve les applications IoT dans le secteur des utilities, qui représentent 1,38 milliard d’euros (en hausse de 1 %). En 2023, 750 000 compteurs de gaz connectés supplémentaires ont été installés, portant la diffusion à 87 % du parc total, ainsi que 1,7 million de compteurs électriques de deuxième génération, atteignant une part de 71 %. En ce qui concerne le secteur de l’eau, 850 000 compteurs intelligents ont été installés en 2023 (17 % du total). Il semble y avoir, à cet égard, des perspectives de croissance pour l’avenir.
« Si l’on considère la réduction des incitations liées au Plan Transizione 4.0 et au Superbonus au cours de l’année, le résultat est particulièrement positif », a déclaré Giulio Salvadori, Directeur de l’Osservatorio IoT, lors du congrès “Notte prima degli esami: Internet of Things alla prova di maturità”.
En réalité, bien qu’il y ait eu une croissance de la valeur du marché, en 2023 on a assisté à un ralentissement dans le lancement de nouveaux projets d’Industrial IoT en Italie : 18 % des grandes entreprises ont lancé des projets au cours de la dernière année (en diminution par rapport à 31 % en 2022 et 21 % en 2021).
« Cette baisse est principalement imputable au plafonnement par deux des incitations, qui depuis quelques années ont un impact direct sur le démarrage de nouveaux projets. Pour en témoigner, presque la moitié des entreprises (48 %) a attribué un rôle clé aux incitations dans la décision d’activer par le passé des projets de Smart Factory », a souligné Giovanni Miragliotta, Responsable scientifique de l’Osservatorio Internet of Things.
En ce qui concerne les entreprises fabricantes de machines opérant en Italie, comme on peut le lire dans le communiqué de presse de l’Osservatorio Digital Innovation, 60 % des entreprises ont une connaissance satisfaisante ou élevée des solutions IoT et près d’1 entreprise sur 2 (46 %) connecte la plupart (31 %), voire la totalité (15 %), des machines qu’elle réalise. Ce pourcentage augmente si l’on inclut également celles qui ne connectent qu’une petite partie des machines produites, pour atteindre 75 % (correspondant à 3 entreprises sur 4).
Comme l’a poursuivi Miragliotta : « Sur la période 2024-25, grâce au nouveau Plan de Transizione 5.0 qui prévoit l’allocation de 6,3 milliards d’euros, on espère que la tendance pourra enfin s’inverser. Outre l’achat de biens d’équipement matériels ou immatériels 4.0, les fonds devront également être destinés à des biens nécessaires à l’autoproduction et à l’autoconsommation à partir de sources renouvelables, ainsi qu’à la formation du personnel aux compétences liées à la transition verte. »
Il faut générer de la valeur à partir des données
S’il est vrai que le pourcentage d’entreprises qui produisent des machines connectées est aujourd’hui significatif, le potentiel que pourraient avoir les données collectées n’est pas encore exploité au mieux : d’après les résultats, 49 % des entreprises n’ont pas accès aux informations relevées par les dispositifs utilisés par les clients. En outre, parmi celles qui les utilisent, 58 % n’exploitent pas les données pour développer des versions améliorées ou ne savent pas si elles sont effectivement employées à cette fin. Sur les 42 % restants, seulement dans 10 % des cas les entreprises utilisent les données collectées pour développer des versions améliorées, en tirant parti de la technologie du Digital Twin.
En revanche, l’approche des fabricants vis-à-vis des nouveaux services apparaît positive : la majorité des entreprises qui ont vendu des machines connectées y ont associé aussi des services additionnels (64 %), tels que la maintenance préventive (36 % de l’échantillon) et des services de type informatif (26 %).
Si les données étaient exploitées de manière plus efficace, elles pourraient générer une forte valeur ajoutée. Mais il reste encore des progrès à accomplir dans ce sens. Selon le rapport « Verso l’Industria 5.0: dati, servizi e sostenibilità 2023-2024 », un focus sur la manufacture de l’Osservatorio Internet of Things du Politecnico di Milano, qui présente le scénario applicatif de l’Industrial IoT en Italie en approfondissant les principaux trends en cours et les innovations émergentes, cette tendance se retrouve aussi bien dans les petites et moyennes entreprises (PME) que dans les grandes (118 grandes entreprises industrielles italiennes ont été impliquées) : 52 % des grandes entreprises utilisent les données, mais seulement 27 % les traitent de manière efficace. Dans les PME, les pourcentages sont plus faibles : 20 % les utilisent et 12 % les traitent de façon efficiente.
Transition 5.0, un tournant pour l’industrie manufacturière
Grâce à la capacité de collecter et d’analyser de grandes quantités de données provenant des processus de production, l’IoT peut réellement transformer – et le fait déjà – le contrôle qualité dans les entreprises. Celles-ci peuvent identifier et corriger rapidement les anomalies dans les processus de production, en réduisant les rebuts et en améliorant la qualité du produit final.
Un autre développement important est la servitisation des machines connectées, c’est-à-dire le passage de la vente d’un produit à la fourniture de services : cette tendance est particulièrement intéressante pour les PME qui ont des difficultés à supporter les coûts de nouvelles machines.
Comme l’a confirmé Salvadori : « En regardant vers l’avenir, un premier grand défi à relever concerne la valorisation des données collectées par les dispositifs. D’un côté, l’utilisation des données peut améliorer les performances de l’activité actuelle, par exemple via l’optimisation des opérations ou l’amélioration de l’offre. De l’autre, elle permet aux entreprises d’élargir leur activité ou d’en modifier la nature, en rendant possibles des services additionnels pour leurs clients et de nouveaux modèles économiques basés sur la servitisation. Sur ces sujets, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, même si de nouvelles solutions de plus en plus avancées arrivent progressivement sur le marché, capables de valoriser concrètement les données collectées. »




