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Togglepar Gianpaolo Albertoni
Hangars des CEDI et pôles de production : structures énergivores
Le thème de l’approvisionnement énergétique est on ne peut plus actuel et, en ce moment, l’élan moral, stratégique et professionnel pour orienter ses activités vers une plus grande durabilité se fait fortement sentir.
Nous avons déjà parlé (et nous le ferons sans doute encore) des carburants alternatifs pour l’alimentation des flottes routières, mais les activités d’entrepôt, des centres de production et de distribution subissent elles aussi de manière importante l’impact du coût de l’énergie, et sont déstabilisées par l’oscillation actuelle de cette variable.
Le simple chauffage hivernal d’un hangar classique est en soi une option qui doit être mûrement pesée, en tenant compte des volumes (souvent considérables dans les trois dimensions), des usages (par exemple, si les quais de chargement et les accès poids lourds restent ouverts, et pendant combien de temps), ainsi que du niveau général d’efficacité et de maintenance.
Un autre niveau de réflexion doit être mené en envisageant une climatisation « quatre saisons », incluant un rafraîchissement estival, qui rende perceptible tout au long de l’année le coût engagé pour la climatisation des locaux.
Mais la consommation liée à la climatisation ou à l’éclairage des espaces, quoique significative, reste certainement subordonnée aux besoins énergivores découlant de la nature même de l’activité, qu’il s’agisse d’activités productives avec utilisation de machines, ou de centres de distribution, éventuellement dotés de zones à température contrôlée (très répandues et utiles pour la distribution alimentaire ou pharmaceutique).
Les zones dédiées aux bureaux entraînent elles aussi des consommations consistantes, compte tenu du grand nombre d’appareils électroniques simultanément en service : ordinateurs, écrans, photocopieuses, imprimantes, scanners, onduleurs, téléphones, serveurs…
Manœuvres de maîtrise
Assurément, la première intervention — et la plus économique — pour contenir la consommation due à l’activité est d’ordre culturel, et consiste à identifier et à valoriser les pratiques vertueuses dans l’utilisation et la gestion de chacune des ressources de l’entreprise. Éliminer le gaspillage, échanger dans les différentes zones sur les pratiques énergivores et sur la façon d’en contenir l’impact par une utilisation correcte, la maintenance et le soin des détails.
Éteindre tout équipement à la fin de son utilisation, le maintenir propre et effectuer la maintenance adéquate. Éviter le gaspillage et la redondance, tant productive qu’informationnelle et documentaire. Comprendre que la « parcimonie » ne signifie pas « austérité », mais qu’elle y contribue au contraire en la prévenant.
Deuxièmement, il convient d’effectuer une vérification et d’avoir conscience de la qualité des technologies et du niveau d’efficacité des infrastructures dont on a la charge. Investir dans des systèmes de climatisation et d’alimentation plus modernes et performants contribue certainement à réduire la consommation, mais il est tout aussi important de comprendre combien d’autres aspects doivent être simultanément renforcés pour optimiser les bénéfices de ce type d’investissements. L’isolation thermique de ces structures n’est pas un thème banal : quais, zones de chargement-déchargement et accès poids lourds doivent être modernes, performants et bien entretenus, en plus d’être gérés en connaissance de cause.
Approvisionnement direct : le photovoltaïque
Il existe ensuite une manière directe d’aborder le sujet, à savoir doter sa structure de la possibilité de produire directement une certaine quantité d’énergie, grâce à l’installation de systèmes photovoltaïques. La quantité d’énergie dépendra directement de l’étendue de la surface destinée à la couverture photovoltaïque et de la puissance des panneaux installés (avec des conséquences directes sur le coût de l’installation elle-même).
La nature de ces structures les rend particulièrement adaptées à ce genre d’initiative, compte tenu de leur vaste emprise en termes de surface occupée. Sous cet angle, la couverture photovoltaïque des structures industrielles devrait représenter un impératif moral, vu le fort impact environnemental des zones bâties et les besoins énergétiques : on observe le paradoxe de zones naturelles (dans les déserts, en mer mais aussi via le déboisement) destinées à accueillir d’immenses installations photovoltaïques pour produire de l’énergie, et je trouve inexplicable que, dans des contextes urbains déjà défigurés par l’existence de zones destinées à la production industrielle, les structures existantes ne soient pas utilisées à la même fin (et que nous n’ayons pas encore réussi, dans notre pays, à éliminer définitivement des toitures l’existence de matériaux nocifs et obsolètes tels que l’éternit ou l’amiante…).
Le problème, évidemment, me semble être celui des coûts, de leur pertinence, mais aussi du manque de vision prospective de ceux qui hésitent à investir alors que, dans les faits, même important, cet investissement s’autofinancerait toujours.
L’énergie produite par une installation de ce type est directement employée pour l’alimentation de la structure hôte, entraînant pour celle-ci une économie immédiate et significative sur les dépenses nécessaires à son approvisionnement énergétique.
En outre, pour ceux qui décideraient de connecter leur installation au réseau électrique, il existe la possibilité de réinjecter l’énergie produite en surplus, avec un bénéfice économique supplémentaire, bien que, réglementairement, à ce jour, il ne soit pas possible d’aboutir à un solde créditeur. Sauf à profiter des incitations introduites par le décret FER 1, applicables toutefois uniquement aux nouvelles installations acquises pour pallier la dépose complète de la couverture d’un bâtiment en éternit ou en amiante.
Il serait en revanche plus facile d’accéder à des options dites « scambio sul posto », qui prévoient l’encaissement d’un ajustement sur la facture, sans toutefois en dépasser la valeur.
Une autre forme d’incitation prévue concerne le crédit d’impôt, actuellement passé de 10 % à 6 %, mais toujours en vigueur et impactant en termes de réduction des temps d’amortissement.
On peut enfin bénéficier du reverse charge (à savoir l’inversion de la charge de TVA du client vers le fournisseur), ainsi que du coup de pouce aux financements prévu par la « nuova Sabatini ».
En conclusion
Les bonnes pratiques et l’amélioration de ses usages et de ses processus produisent sans aucun doute des résultats remarquables en matière d’économie d’énergie. Mais il est tout aussi certain que, pour maximiser les effets en termes d’autonomie, il est nécessaire de moderniser structures et installations, en investissant résolument dans des formes d’alimentation directe capables de réduire drastiquement l’impact environnemental et les coûts de fonctionnement de son entreprise.
Les coûts de fourniture et d’installation des systèmes les plus modernes et performants sont encore terriblement élevés et tournent autour de 2 000 € par kW de puissance installée. Surtout par les temps qui courent, le choix stratégique de rendre son entreprise plus indépendante du point de vue énergétique gagne hiérarchiquement en importance parmi les priorités économiques, et ne se limite plus à être un devoir environnemental. Assurément, doter son centre de distribution, tout comme son pôle de production, d’une installation photovoltaïque moderne est une manière concrète d’aller dans ce sens.




