
par Gianpaolo Albertoni
L’évolution du concept d’efficience dans la logistique, entamée dans les années 70, a marqué une transformation significative dans le secteur. Initialement, l’attention était centrée sur l’optimisation des fonctions élémentaires d’approvisionnement des lignes de production, évoluant ensuite vers une logistique intégrée qui considère l’ensemble de la chaîne de valeur.
Dans les années 80, la logistique a commencé à mettre l’accent sur le service client, adoptant une stratégie pull où la demande du marché guide l’organisation logistique. Cela a conduit à une transversalité accrue de la logistique dans les différentes fonctions de l’entreprise, optimisant ainsi les processus multifonctionnels.
Dans les années 90, une nouvelle évolution a eu lieu avec l’intégration fonctionnelle, où la logistique a commencé à intégrer les différentes fonctions de l’entreprise, les ordonnant dans une séquence de processus qui non seulement réduisaient les coûts mais créaient également de la valeur. L’essor du e-commerce et ses défis logistiques ont encore accéléré l’innovation dans le secteur, nécessitant rapidité et personnalisation des livraisons, ainsi qu’une attention particulière à la durabilité et à l’innovation.
La situation actuelle
La situation actuelle du marché logistique italien est caractérisée par une pression croissante sur les coûts, en particulier ceux liés au personnel. Cet aspect impacte considérablement les marges des entreprises, étant très difficile à absorber opérationnellement.
Le marché présente des signes positifs avec des croissances constantes, mais il a dû faire face à des défis liés à l’augmentation des coûts opérationnels, influencés également par des facteurs tels que les fluctuations de l’électricité et du diesel. La pénurie de conducteurs et la nécessité de moderniser les véhicules représentent d’autres défis pour le secteur.
Par rapport aux principaux concurrents étrangers, le marché logistique français doit gérer un poids plus lourd du coût du personnel, influencé par une structure économique caractérisée par la prédominance de petites entreprises, avec moins d’investissements en ICT et en Recherche et Développement, et donc moins d’innovations en matière de produit et de gestion organisationnelle.
La nécessité de renforcement technologique et de performance est assez marquée, mais l’inaccessibilité économique des solutions les plus avancées crée un écart difficile à absorber, ce qui se répercute irrémédiablement sur les coûts et le niveau de service.
L’impact de la technologie
Cependant, le développement technologique offre de nouvelles opportunités pour améliorer les performances et permettre de nouvelles marges bénéficiaires.
L’adoption de solutions telles que la Logistique 4.0, avec des projets de digitalisation (mis en place aujourd’hui par 72 % des opérateurs), des systèmes RFID, la blockchain et l’automatisation des entrepôts, transforme le secteur.
L’intelligence artificielle, l’IoT et le cloud computing sont parmi les principaux moteurs de cette transformation, qui pourrait conduire à une croissance annuelle moyenne de 3,9 % sur le marché numérique italien.
Alors que le secteur logistique italien fait face à des défis importants liés aux coûts du personnel et à la nécessité d’innovation, le développement technologique représente un levier fondamental pour améliorer l’efficacité, réduire les coûts et augmenter les marges, positionnant ainsi le secteur pour une concurrence efficace au niveau international.
Compétences transversales entre digitalisation et durabilité
Pour mettre en place correctement une nouvelle culture numérique et garantir aux entreprises la durabilité opérationnelle nécessaire, il est essentiel que les entreprises se dotent de profils.
La logistique moderne nécessite une gamme de compétences qui vont au-delà des capacités opérationnelles traditionnelles. Avec l’évolution technologique, on prévoit un besoin croissant de profils hautement qualifiés, tant au niveau de la gestion que du côté écologique et environnemental.
Ce changement de paradigme nécessite une main-d’œuvre qui possède non seulement une forte orientation opérationnelle, mais également une solide culture numérique. Pour répondre à ce besoin, il est fondamental d’investir dans la formation et le développement des compétences transversales.
Il serait essentiel que les entreprises logistiques collaborent étroitement avec les institutions éducatives pour définir l’évolution des programmes d’études afin qu’ils correspondent aux compétences requises par le marché (il est en discussion la création d’un institut technique dédié spécifiquement à la logistique, qui pourrait contribuer à former du personnel déjà introduit à la transversalité numérique nécessaire).
La formation professionnelle “on the job” reste un levier extraordinairement efficace, accessible et scalable pour mettre en œuvre des projets de modernisation dans le contrôle de la gestion opérationnelle.
La durabilité est un autre aspect crucial pour l’avenir de la logistique. Avec un accent croissant sur des solutions à faibles émissions de carbone et des infrastructures vertes, le secteur a besoin de spécialistes dans la gestion des émissions et la conception de solutions écologiques.
En conclusion, pour maintenir la compétitivité et l’efficacité du marché logistique italien, il est urgent de combler le fossé des compétences par l’éducation, la formation et une collaboration étroite entre le monde académique et le secteur professionnel. Ce n’est qu’ainsi que le secteur sera prêt à relever les défis du futur et à exploiter les opportunités offertes par la digitalisation et la durabilité.




