Vers la décarbonation avec les dispositifs d’aide de la stratégie France 2030

La France, à l’instar de l’Union européenne, s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris. Elle s’est également fixée une réduction d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Pour y parvenir, une transformation en profondeur des modèles économiques, technologiques et sociaux est indispensable. Cette transition vers une économie bas carbone implique l’intégration de solutions durables dans l’ensemble des secteurs, en tenant compte des spécificités territoriales et industrielles.
Dans ce contexte, les entreprises françaises, en particulier les PME et ETI, sont invitées à s’engager pleinement dans cette transformation. Cela passe par une double mutation : écologique et numérique. Le gouvernement français soutient activement cette dynamique à travers plusieurs leviers : France 2030, la loi Industrie Verte, les certificats d’économie d’énergie (CEE), ainsi que le crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV).
Une transformation verte et numérique soutenue par l’État
France 2030, doté de 54 milliards d’euros, vise à faire émerger les champions industriels de demain autour de dix objectifs stratégiques. Parmi eux : la décarbonation de l’industrie, la production d’énergie propre, et la transformation numérique des entreprises. Ces soutiens sont accessibles via des appels à projets pilotés notamment par Bpifrance et l’ADEME.
Le crédit d’impôt pour l’industrie verte, entré en vigueur en 2024, constitue une aide directe aux entreprises qui investissent dans la décarbonation de leurs sites industriels, à travers l’acquisition d’équipements de production moins énergivores ou la mise en place de solutions d’autoproduction d’énergie renouvelable. Il est ouvert à toutes les entreprises industrielles situées en France, sans critère de taille ou de secteur.
Quels projets sont éligibles ?
Sont éligibles au C3IV ou aux aides France 2030 les projets visant à :
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Réduire significativement les consommations énergétiques ou les émissions directes de CO₂ ;
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Investir dans des équipements industriels décarbonés (électrification, chaleur renouvelable, récupération de chaleur, etc.) ;
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Développer des capacités de production d’énergie renouvelable en autoconsommation (hors biomasse solide) ;
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Renforcer les compétences technologiques des salariés via des formations liées à la transition écologique ou numérique.
Pour bénéficier de ces dispositifs, les projets doivent répondre à des critères de performance énergétique et de gains mesurables. Par exemple, une réduction d’au moins 30 % des émissions peut être exigée pour certaines aides de l’ADEME.
Les entreprises sont prêtes à investir
Selon le baromètre de l’industrie 2024 réalisé par l’Institut de l’économie industrielle, près de 65 % des entreprises industrielles françaises ont des projets de croissance intégrant la décarbonation et le numérique. Toutefois, une majorité d’entre elles reconnaît que ces investissements ne seraient pas réalisables sans le soutien public.
Plus de la moitié des dirigeants interrogés ont eu recours aux dispositifs de soutien comme France Relance, les aides 4.0 ou les appels à projets ADEME. Parmi les priorités d’investissement : la transition numérique (35 %), la R&D (18 %), la formation (25 %) et la durabilité environnementale (22 %). L’entrée en vigueur du crédit d’impôt pour l’industrie verte devrait encore amplifier cette dynamique, avec près d’un tiers des industriels déjà engagés dans des démarches d’éligibilité.




