Le marquage au sol en entrepôt, également appelé signalisation horizontale, joue un rôle essentiel dans la sécurité du personnel et l’organisation des flux logistiques. Il permet de délimiter les voies de circulation, d’identifier les zones de stockage et de signaler certains dangers liés à la présence de piétons et d’engins de manutention.

Dans un environnement où les déplacements sont fréquents, une signalisation claire contribue à prévenir les accidents, à fluidifier les opérations et à améliorer l’efficacité de l’entrepôt. Sa conception doit toutefois tenir compte des risques identifiés et de la réglementation applicable.

Pourquoi le marquage au sol est-il essentiel en entrepôt ?

La circulation simultanée des préparateurs de commandes, des chariots élévateurs et des autres équipements de manutention constitue un facteur de risque important.

Le marquage au sol permet notamment de :

  • Délimiter les voies de circulation des piétons et des engins.
  • Identifier les zones de stockage, de préparation et d’expédition.
  • Signaler les zones dangereuses et les points de vigilance.
  • Organiser les déplacements et limiter les croisements entre les différents flux.
  • Maintenir dégagés les accès et les espaces nécessaires aux opérations.

Pour être efficace, cette signalisation doit s’intégrer dans un plan de circulation interne tenant compte de l’organisation réelle des activités. Dans les zones particulièrement exposées, des barrières ou d’autres dispositifs de protection peuvent être nécessaires en complément.

Les principaux types de marquage au sol

Plusieurs solutions peuvent être utilisées selon la configuration de l’entrepôt, les contraintes d’exploitation et l’intensité du trafic.

  • Bandes peintes ou adhésives : elles délimitent les allées de circulation, les espaces de travail et les emplacements de stockage.
  • Passages piétons : ils matérialisent les zones de traversée et facilitent l’identification des cheminements réservés au personnel.
  • Pictogrammes au sol : ils rappellent certaines consignes de sécurité, restrictions ou indications de circulation.
  • Marquages de zones spécifiques : ils permettent d’identifier les emplacements de palettes, les zones de chargement et de déchargement ou les espaces devant rester libres.

La signalisation horizontale peut être complétée par des panneaux verticaux, des avertisseurs lumineux ou sonores et des protections physiques, notamment à proximité des intersections et des zones à visibilité réduite.

Couleurs du marquage au sol : quelles significations ?

Le choix des couleurs doit garantir une bonne visibilité et une compréhension immédiate des indications. Il convient cependant de distinguer les couleurs réglementaires de la signalisation de sécurité des codes internes utilisés pour organiser les espaces logistiques.

Dans la signalisation de sécurité, les principales couleurs ont les significations suivantes :

  • Rouge : interdiction, alarme et identification des équipements de lutte contre l’incendie, selon le type de signal.
  • Jaune ou jaune-orangé : avertissement et signalement d’un danger.
  • Bleu : obligation ou prescription particulière.
  • Vert : évacuation, secours et situations de sécurité.

Pour la délimitation des voies de circulation, les bandes blanches ou jaunes sont généralement privilégiées, conformément aux dispositions réglementaires applicables.

D’autres couleurs peuvent être utilisées dans le cadre d’un code interne, à condition que leur signification soit clairement définie, connue du personnel et qu’elle n’entraîne aucune confusion avec les signaux de sécurité réglementaires.

Quelle réglementation s’applique en France ?

En France, le Code du travail et l’arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la signalisation de sécurité et de santé au travail encadrent notamment l’identification des voies de circulation.

L’article 13 de cet arrêté prévoit que, lorsque les voies de circulation doivent être clairement identifiées conformément aux articles R. 4214-11 ou R. 4224-3 du Code du travail, elles sont bordées par des bandes continues bien visibles, de préférence blanches ou jaunes, en tenant compte de la couleur du sol.

Leur positionnement doit également respecter les distances de sécurité nécessaires entre les véhicules, les piétons et les obstacles éventuels.

La réglementation n’impose donc pas un marquage identique dans tous les entrepôts : les mesures à mettre en œuvre dépendent des conditions de circulation et des risques présents.

Pour approfondir ces exigences, il est possible de consulter l’article 13 de l’arrêté du 4 novembre 1993 sur Légifrance et les recommandations de l’INRS sur la conception et l’aménagement des entrepôts logistiques.

Bonnes pratiques de mise en place et d’entretien

Un marquage efficace doit être conçu à partir d’une analyse des flux et des situations à risque. Une attention particulière doit être portée aux intersections, aux angles morts, aux quais de chargement et aux zones de circulation des chariots élévateurs.

Le choix entre peinture industrielle et bandes adhésives dépend notamment de la nature du revêtement, de la fréquence des passages et des opérations de nettoyage.

Avant l’application, le sol doit être correctement préparé afin de garantir l’adhérence et la durabilité du marquage. Celui-ci doit ensuite faire l’objet de contrôles réguliers, car l’usure, les salissures et les frottements peuvent réduire sa visibilité.

Enfin, les indications de charge maximale des rayonnages doivent être affichées sur une signalisation adaptée aux installations concernées : elles ne relèvent pas, en principe, du marquage des voies de circulation.

Conclusion

Le marquage au sol en entrepôt constitue un outil simple mais essentiel pour sécuriser les déplacements et organiser les activités logistiques. Son efficacité repose sur une signalisation lisible, cohérente et adaptée aux risques réels de l’installation.

Associé à un plan de circulation bien conçu, à des mesures de protection appropriées et à un entretien régulier, il contribue à améliorer durablement la sécurité du personnel et la performance opérationnelle de l’entrepôt.